DE RETOUR SUR GRAND ECRAN, EN VERSION NUMERIQUE INEDITE

LES GRANDES GUEULES

Précédé en avant-programme de LA RIVIERE DU HIBOU (dans certaines salles)

 

A PARTIR DU 3 avril 2019, dans 50 salles en France, dans le cadre du festival PLAY IT AGAIN

Liste des salles programmant Les Grandes Gueules

 

Toujours en vente, le coffret DVD de la Rétrospective ROBERT ENRICO – LES ANNEES 60

L’édito – Robert Enrico, célèbre avant d’être connu…

Au terme de deux ans de recherche et préparation, il est désormais possible de parcourir en quelques heures dix ans d’histoire du cinéma français, à travers le portrait d’un cinéaste que rien ne prédestinait à une carrière commerciale et aux succès populaires de films devenus cultes (Les Grandes Gueules, Les Aventuriers). On découvrira que tout au contraire Robert Enrico a du longtemps batailler malgré le succès critique de ses tout premiers films, et a fini par s’imposer en allant à la rencontre du public sans pour autant rompre avec ses exigences artistiques et personnelles. Cela lui a valu un lent et long divorce avec une partie de la presse française, férue de « politique des auteurs » héritée de la Nouvelle Vague, aux yeux de laquelle Robert Enrico est définitivement resté inclassable.

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Il était donc temps de redécouvrir une grande figure du cinéma français, à qui l’on doit – le saviez-vous – une Palme d’Or à Cannes et un Oscar à Hollywood (son splendide court métrage datant de 1962 : La Rivière du hibou, que l’on étudie encore dans les écoles de cinéma aux USA), et de véritables pépites. L’une de nos favorites s’intitule Thaumetopoea, un film scientifique commandité par le Ministère de l’Agriculture, qui décrit les travaux des chercheurs de l’INRA pour exterminer la chenille processionnaire du pin, qui ravage les forêts de Bretagne et de Provence. Renversant les rôles, Enrico transcende les codes du cinéma institutionnel et transforme un sujet potentiellement rébarbatif en véritable western dans lequel la fragile caravane des chenilles, telles les colons de l’Ouest américain, affronte la froide détermination des agresseurs en blouse blanche. La musique est le deuxième personnage du film : elle construit un univers où flûte, guitare et piano (le monde des chenilles) s’opposent aux sonorités déformées d’un véritable orgue de verres à eau élaboré par François de Roubaix, compositeur génial et complice de Robert Enrico sur tous ses films jusqu’au Vieux Fusil. Le résultat est à la hauteur du pitch, ce court métrage de commande triomphe dans les festivals. Invisible depuis plus de 50 ans, Thaumatopoea a été magnifiquement restauré, c’est l’un des petits trésors à débusquer dans cette rétrospective. On découvrira aussi un Robert Enrico politiquement engagé, dans son premier long métrage largement autobiographique, La Belle vie, et un Robert Enrico sensible et intimiste dans le Paris nocturne, pré-68, de Tante Zita.